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bien-être des personnes âgées

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bien-être des personnes âgées

Messagepar Chantal Taquet » Mer Déc 08, 2010 5:47 pm

voici un article qui vient de paraître dans un journal suisse

http://www.lagruyere.ch/fr/le-journal/les-editions/2010/20101207/medor.html

L’animal, cette douce canne
De plus en plus, les animaux participent au bien-être des personnes âgées. Exemple au Foyer Saint-Joseph, à La Roche, où chien, chat et biches font le bonheur des résidents.

«Trois cuillerées pour moi, une pour toi.» Le yogourt aux pêches disparaît, gloutonnement lapé par Rumba, une chienne labrador croisée golden âgée de deux ans. Sur son fauteuil roulant, Geneviève Buchs, 88 ans, a le sourire. Ce rituel, elle le pratique tous les matins. «Tu es ma chouchou, toi», lâche-t-elle en caressant machinalement le crâne de la chienne. Comme Brindille – le chat qui assiste, impassible, à l’animation de la journée, roulé en boule sur une chaise – ou les trois biches du parc extérieur, Rumba fait partie intégrante du Foyer Saint-Joseph, à La Roche, depuis son arrivée il y a une année.

«On ne fait pas à proprement parler de la zoothérapie, puis-qu’il n’y a pas d’activités précises organisées par un spécialiste, concède Dominique Perroud, directeur de l’établissement. Mais leur seule présence contribue fortement au bien-être des résidents.»

Pour Françoise Perroud, infirmière-cheffe et initiatrice de l’arrivée d’un chien social (lire encadré) au Foyer Saint-Joseph, les animaux sont une thérapie aux effets concrets. «Des personnes souffrant de démence ou de troubles cognitifs s’illuminent en voyant passer le chien ou le chat. C’est également prouvé scientifiquement qu’une caresse à un animal diminue le rythme cardiaque et le stress», explique-t-elle par exemple.

Un soutien social

Hormis ses problèmes de mobilité, Geneviève Buchs, pensionnaire du foyer depuis sept ans, a plutôt une bonne santé. Mais les effets positifs de la présence de Rumba sont tout de même visibles. «J’ai toujours aimé les animaux. Où je vivais avant, j’en avais beaucoup. Quand je suis arrivée ici, j’ai ressenti un manque. Depuis que je peux m’occuper de Rumba, je revis», sourit-elle. Avant de dégainer de son sac un biscuit en forme d’os, de le glisser entre ses dents, et de laisser Rumba le prendre délicatement, sous le regard amusé des autres résidents attablés pour le café.

«Les animaux apportent principalement des effets concrets sur la vie sociale des pensionnaires. Ils favorisent le contact aussi bien au sein de l’institution qu’avec l’extérieur», confir-me Dominique Perroud. Ainsi, les promenades de Rumba l’été permettent de rencontrer des passants, la présence d’un chat sur les genoux crée des liens entre les résidents, et les biches du parc deviennent un but de visite pour les villageois.

Eviter les jalousies

Visiblement positive, la présence d’animaux peut cependant poser des problèmes. «Nous avons fait l’expérience de pensionnaires arrivant avec leur propre compagnon. Mais nous avons rapidement cons-taté que, à leur âge, ils ne pouvaient plus s’en occuper aussi bien et cela créait un surplus de travail pour le personnel dont ce n’est pas le métier. Raison pour laquelle nous avons privilégié la solution d’un chien social qui est à nous et que nous prêtons la journée aux résidents», précise le directeur. Aux résidents, ou plutôt, dans ce cas, à la résidente. Geneviève Buchs s’est en effet rapidement approprié la gestion de Rumba. Ce qui crée des jalousies? «Personne ne s’en est plaint pour l’instant. Mais une autre résidente a profité des vacances de Mme Buchs pour s’occuper de Rumba, preuve que la demande existe», souligne Françoise Perroud.

Peu de zoothérapie

Dans le canton, les établissements médicosociaux déterminent eux-mêmes leur règlement face aux animaux. «Il n’existe ni loi, ni recommandations au niveau cantonal, rappelle René Thomet, président de l’Association fribourgeoise des institutions pour les personnes âgées (AFIPA). Les seules restrictions concernent l’hygiène. Il faut à la fois que l’animal soit accueilli dans de bonnes conditions et que les autres résidents ne souffrent pas de sa présence.» Il précise en outre que, à sa connaissance, aucun établissement fribourgeois ne propose de la zoothérapie avec un spécialiste, privilégiant la seule présence de l’animal pour tout bienfait. «Ce qui, à mon avis, est la meilleure des thérapies», résume Françoise Perroud.

A suivre Rumba accompagner Geneviève Buchs jusqu’à sa chambre, on ne saurait la contredire. Dans les couloirs, les autres résidents et le personnel ont tous un sourire aux lèvres en caressant la chienne. Et, au moment de lui servir une écuelle d’eau, le visage de l’octogénaire s’illumine. Elle embrasse la tête de Rumba en murmurant: «Tu es mon ange gardien.»

C’est tout un apprentissage

Rumba est un chien social. «Il s’agit dans notre cas d’une réformée de l’école pour chiens d’aveugle de Brenles», explique Dominique Perroud. Pour Jacques Ditesheim, fondateur il y a quatre ans de l’école canine Delta formant les chiens de thérapie, n’importe quelle race peut suivre l’éducation.

«Si les labradors choisis pour la formation de guide d’aveugle ont en effet des prédispositions, chaque chien peut suivre les cours avec succès.»

Des cours qui prévoient notamment d’apprendre à marcher au côté d’un fauteuil roulant, de garder son calme en présence d’objets tombant sur le sol, de cris de patients ou de portes qui claquent, de pénétrer dans un ascenseur étroit et rempli de gens et de s’habituer à des odeurs puissantes et inconnues, ou à des comportements et des mouvements inhabituels. Comme le rappelle Jacques Ditesheim, «si la présence des animaux est reconnue pour avoir des effets positifs sur l'humain, il est important d'y apporter une attention particulière sur les principales formes que peut prendre leur contribution. L'exercice de la zoothérapie par le chien en milieu institutionnel demande en effet l'observation de règles élémentaires de prudence, d'éthique et de sécurité.»

A noter qu’une démarche où l’on mise aussi sur le lien animal-humain devrait être adoptée pour les personnes en situation de handicap aux Colombettes (Vuadens), dans le cadre de sa future ferme pédagogique (lire La Gruyère du 4 décembre).

Victorien Kissling

7 décembre 2010 - journal "le gruyère"
Chantal Taquet
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